Critique Maurice Taplinger

CRISTINA RUIZ

 
Nous, les critiques new-yorkais, nous sommes surpris par l’habilité dont fait preuve Cristina Ruiz pour capturer la sensation de romance sans tomber dans le sentimentalisme.

Triompher des cyniques connaisseurs new-yorkais avec des peintures si insouciamment amoureuses de l’amour, n’est pas facile. Tandis que les poètes peuvent se donner le luxe d’aborder les histoires du coeur, les peintres ne peuvent que séduire à travers des moyens visuels, mais Cristina Ruiz connue au Mexique comme « le peintre de l’amour » est un peintre suffisamment talentueux pour ignorer ces règles. Dans son œuvre, elle représente des femmes embellies par enchantement ou abandonnées dans les bras de leurs amants, thèmes tabou qui recourent à des moyens esthétiques si exquis qu’ils sont capables d’enchanter les critiques les plus réticents au romantisme.

Il y a peu Cristina Ruiz a mis l’accent dans son oeuvre sur l’élément surréaliste qui était évident auparavant, assez fréquent dans l’art mexicain et proéminent dans le travail de Frida Kahlo et dans d’autres exemples historiques. Cependant, dans la peinture de Cristina Ruiz, le surréalisme et le romantisme sont fondés plus intensément, ce qui aboutit à une synthèse très juste et caractéristique de cette artiste. L’effort requis pour fusionner ces deux courants artistiques avec tant de perfection et pour imprégner dans sa proposition audacieuse de composition, une vraisemblance nécessaire, a contraint aussi Cristina Ruiz à perfectionner ses habilités techniques. Au moins cela semble être le cas à en juger par la dextérité qu’acquiert maintenant sa technique réaliste dont le degré de raffinement se rapproche de la technique picturale utilisée dans les temples, de par sa surface de luminosité éclairée et de subtilité des tons. Elle a réussi à intégrer avec force son coup de crayon à sa dextérité picturale et d’une certaine manière, pénétrer sous la peau de ses figures.

Comme son illustre prédécesseur, Frida Kalho, Cristina Ruiz peint depuis les profondeurs de l’âme féminine. Mais, à la différence de Frida, Cristina n’est pas une victime, ni une martyre de l’amour. Plutôt une messagère triomphante.
Maurice Taplinger,
Revue Gallery & Studio, New York